Dans les nouvelles réformes de la sécurité routière, il y en a une en particulier qui nous rend plus dubitatif que d’autres. Cette mesure est celle d’abaisser la vitesse sur les routes secondaires de 90 Km/h à 80 Km/h pour les tronçons non équipés de séparateurs médians.

Quelle idée saugrenue nous sort le gouvernement du chapeau ? Effectivement, nous comprenons tous qu’il faut endiguer une hausse de la mortalité routière voire même de tenter encore de l’abaisser (en effet ceci est une très bonne idée). D’après Emmanuel Barbe, cette mesure pourrait éviter 300 décès chaque année, mais comment ont-ils calculé cela ! S’agit-il d’un moyen pour faire passer une pilule ? Des tests sur trois portions routières ont été effectués ces deux dernières années. Cette durée n’est pas forcement assez longue pour se fixer une idée probante, permettant de développer un argumentaire autour de cette mesure qui devrait prendre effet le 01 Juillet 2018.

Hier, le délégué interministériel se présentait devant la commission des lois du Sénat. L’assemblée des séniors remet justement en cause cette future loi sur l’abaissement de la vitesse sur les axes secondaires. Le délégué fut incapable de prouver le bien fondé de cette mesure ou de présenter quelconques rapports des tests effectués. Sa seule défense fut celle-ci :

“La vitesse est le seul facteur causal d’accident… Sans vitesse pas d’accident, c’est une évidence…”.

Plus tôt il fallait multiplier les radars pour sauver des vies, jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’en fait ce n’était pas le cas…

Si le délégué du ministre des transports avait un tant soit peu travaillé son dossier, il aurait pu argumenter qu’avec cette baisse de vitesse il faudra à un conducteur 12 mètres en moins pour s’immobiliser. Cette réduction de vélocité et de distance parcourue lors du freinage pourraient donc avoir des effets moins violents en cas de choc.

Mais est-ce vraiment le fait de rouler à 90 km/h qui cause autant de mortalité ?

Depuis quand nos routes n’ont t-elles pas subit de réparations, de réfections ? Depuis combien d’années les services des régions ou d’état n’ont ils pas aménagés les abords de ces routes concernées (pose de rail de sécurité dans les virages ou lieu dangereux sans omettre d’y apposer le bandeau bas en cas de chute de motards.) ?

  • On pourrait abaisser la vitesse s’ils nous confiaient qu’ils sont incapables d’entretenir les chaussées et les rendre moins accidentogènes. Que l’abatage des platanes sans âge en bordure de route n’est pas possible (faute de budget) malgré qu’ils punissent mortellement les conducteurs qui auraient fauté en leur offrant qu’un choc mortel sans aucun échappatoire possible ; sanglante punition en cas d’avoir trop mordu le bas côté et d’avoir été en survitesse. Rappelons que ces arbres furent plantés lorsque des carrioles à chevaux empruntaient ces tracés afin d’offrir de l’ombre aux chevaux, nos chevaux actuels, le capot leur offre déjà de l’ombre.
  • On pourrait réduire la vitesse en nous disant qu’ils n’ont pas le personnel nécessaire pour arracher ou tailler les arbustes qui gènent la vue à droite ou à gauche lorsque l’on s’engage d’une route perpendiculaire sur un axe secondaire.
  • On pourrait réduire la vitesse si l’état nous confiait qu’ils n’ont pas de budgets pour créer des zones véhicules lents (convois agricoles ou poids lourds légèrement surchargés).
  • On pourrait réduire la vitesse en nous disant, qu’ils n’ont pas le budget pour faire de vraies réfections de bitume, c’est pour cela qu’ils inondent les routes de liquide bitumeux et l’arrose abondement de gravillons en espérant que la rustine offrira autant d’adhérence qu’un revêtement routier bien posé.
  • On pourrait réduire la vitesse si on nous disait : “ne vous inquiétez pas, pas de forces de l’ordre cachées n’importe où à vous filmer ou prendre une photo de vous lorsque vous dépassez de 5 km/h la vitesse autorisée. Non, l’automobiliste garde les yeux rivés sur le compteur et ne fait même plus confiance au conducteur qui le précède pour s’adapter à sa vitesse, de peur qu’il s’agisse d’un grand malfrat routier qui dépasse largement la vitesse autorisée de plus de 2 km/h.
  • On pourrait baisser la vitesse en nous disant qu’il est impossible de demander aux médecins de famille de s’opposer à la conduite d’un sénior en pleine sénilité, qui refuse de lâcher le volant pensant que ses réflexes sont ceux d’un jeunot. Ou d’une personne assez malade ou médicamentée pour ne plus pouvoir circuler sans être un danger pour ceux qui partagent sa route.
  • On pourrait abaisser la vitesse en nous disant que 90 km/h abîment ce qu’il reste de nos routes et de leurs signalisations horizontales.

Parce qu’il semble qu’aucune étude n’a encore validée qu’un tronçon bien refait fait baisser son taux accidentogène immédiatement, qu’un rail de protection, qu’un abord herbeux ou graillonneux fait baisser la mortalité dès qu’ils sont posés sur un tronçon. Si aucune étude ne l’a validé c’est qu’elle n’a sûrement pas été faite.

Bien sûr nous roulerons à 80 Km/h dès le 01 Juillet 2018 Monsieur le délégué, car c’est la loi et qu’on la respecte, mais nous ne manquerons pas de vous demander journellement quand vous referez tel ou tel tronçon, car nous sommes d’avis que l’état de nos routes est pour de grandes proportions responsable dans les cas d’accidents mortels. Néanmoins, nous ne sommes pas du tout aussi sûrs que vous, sur le fait que les conducteurs changeront leurs comportements sans y avoir été contraints par un tracé qui ne leur permet pas des conduites abusives. La réduction de vitesse apportera très sûrement des trafics en accordéon qui comme nous le savons tous est très accidentogène.

Ici en lien un article d’Autoplus sur l’audition de notre délégué ministériel devant le Sénat :

 

 

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