L’association 40 Millions d’automobilistes est comme nous via l’association française de prévention des comportements contre l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur le réseaux secondaire non pourvu de séparateurs centraux. L’association des automobilistes a rendu son propre rapport sur les 3 zones tests d’une durée de 3 ans et leurs constat est édifiant :

2015, année de mise en œuvre de l’expérimentation, apparaît comme la meilleure année de sécurité routière
sur le cumul des 3 tronçons, entre 2012 et 2016 : on y constate le plus petit nombre de personnes tuées (1
seule en 2015), le moins de blessés hospitalisés (8) et le deuxième plus faible nombre de blessés légers (7).
Cependant, dans le détail, on constate que cette baisse de l’accidentalité routière était amorcée dès le premier
semestre 2015, alors que la nouvelle réglementation n’était pas encore en vigueur : l’accidentalité relevée
lors du 1
er
semestre 2015 est égale ou plus faible que celle du second semestre sur l’ensemble des tronçons
étudiés. L’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h ne peut donc pas expliquer la baisse de la
mortalité routière constatée sur ces axes pour l’année 2015.
À cela s’ajoute le fait que 2016, première année pleine de l’expérimentation à 80 km/h sur ces axes, voit
l’ensemble des indicateurs repartir à la hausse : 30 blessés sont alors à déplorer, soit autant qu’en 2013, plus
qu’en 2012 (26) et non loin de 2014 (31), qui est la pire année en nombre de victimes (34) et de gravité des
accidents. 2016 est également la deuxième plus mauvaise année, après 2013 et 2014, en termes de nombre
de blessés hospitalisés et de nombre de tués sur ces axes (2).
De plus, en comparaison des données de mortalité routière relevées à l’échelle nationale, les statistiques issues
de l’accidentalité des 86 kilomètres de routes secondaires, répartis en 3 tronçons de routes nationales, révèlent
l’inefficacité de la mesure d’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h : alors que 1 911 accidents mortels
ont été recensés sur les 386 224 kilomètres que compte le réseau secondaire français (soit 1 accident mortel
en moyenne tous les 202 km) en 2016, les sections de routes nationales soumises à l’expérimentation font état
d’1 accident mortel tous les 28,7 km.
Certes, les portions de routes sélectionnées démontraient une accidentalité supérieure à la moyenne nationale
avant la mise en œuvre de l’expérimentation, mais les chiffres présentés dans le présent bilan démontrent que
la baisse de la limitation de vitesse n’a en rien permis de réduire la mortalité routière sur ces axes :
2 accidents
mortels sont à déplorer sur les 86 kilomètres de l’expérimentation en 2016, soit 5 fois plus que la moyenne
nationale qui s’élevait la même année à 0,4 tué pour 86 km de routes
La direction de la sécurité routière retoque ces analyses effectuées par l’association 40 millions d’automobilistes en affirmant que les chiffres utilisés par l’association dans sa synthèse sont erronés en arguant sur le fait que les chiffres retenus sont pour certains hors de la période réellement analysée.
La DRS (direction de la sécurité routière) dévoile un deuxième rapport puisque le premier remis par la CEREMA ne prenait en compte que le comportement des conducteurs vis à vis de la vitesse (étude qui a servie à Matignon pour la prise de décision d’un abaissement de la vitesse .). Le cabinet du ministère des transport a pu produire un deuxième rapport opéré par l’ONISR, qui lui justement analyse l’accidentologie sur les zones tests 80 Km/h sur les période de référence :
Accidents dont mortels Tués Blessés dont hospitalisés
2010 18 1 1 30 15
2011 7 3 4 8 7
2012 8 2 2 14 7
2013 12 2 3 17 8
2014 12 2 2 22 17
Total 2010 – 2014 57 10 12 91 54
Juil. – Déc. 2015 4 0 0 11 4
2016 10 3 3 24 11
Janv. – juin 2017 4 0 0 8 3
Juil. 2015 – Juin 2017 18 3 3 43 18
Sur le sujet le ministère déclare :
Sur un sujet d’une telle gravité, conformément aux engagements du Gouvernement, la délégation interministérielle continuera à faire preuve de la plus grande transparence.
Qui a les bons chiffres? nous ne saurions le dire, la méthodologie utilisée par l’association de défense des automobilistes à l’air juste et non tendancieuse, elle tient compte de l’accidentologie réelle sur les segments routiers testés, comment l’ONSIR relève ses chiffres, nous ne le savons pas.
Toutefos l’ONSIR confirme qu’entre juillet 2015 et juin 2017 18 accidents, 3 tués et 18 blessés hospitalisés ont été relevés. Des résultats en baisse sur les cinq ans ayant précédé l’expérimentation. En revanche, il confirme aussi que le nombre de blessés légers est en nette augmentation.
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